Avoir plus de temps, pourquoi faire ? – SC du 23/01/07
1 février 2007
En préparation de ce souper-causerie, voilà les pistes de réflexion que j’avais formulées. L’idée de ce souper-causerie est de prendre le temps de parler du temps, parce que nous vivons dans une société où tout le monde se plaint de ne pas en avoir assez. A certains, il manque tout le temps du temps, à d’autres, il manque seulement du temps libre, ou du temps pour soi, souvent du temps de faire les choses pour lesquelles on n’a pas le temps, ou plutôt auxquelles on n’a pas accordé le temps nécessaire.
Le temps est au cœur de nombreuses problématiques actuelles :
- on parle de l’articulation des temps sociaux, du temps laissé au loisir après le temps de travail, auquel il faut ajouter le temps de transport. On évoque aussi le temps libre imposé lié à la flexibilité horaire et au temps partiel, mais aussi le chômage qui fournit un temps libre imposé, non souhaité.
- On évoque les contraintes différentes rencontrées par les hommes et les femmes pour cette articulation des temps sociaux, les femmes ayant moins de temps à consacrer au travail rémunéré à cause d’un temps plus important consacré aux enfants et aux tâches domestiques auxquelles peuvent s’acheter le soin apporté aux personnes âgées. Cette situation se rencontre dans les pays développés, mais elle est encore plus marquée dans les pays pauvres où il arrive que tout le temps féminin soit alloué à la recherche de l’eau potable,
- quand on parle de temps sociaux, on parle aussi des lieux dédiés à ces différents temps et les conséquences de cela en matière d’urbanisation avec les problématiques des moyens de transport, des horaires d’ouverture des services, face à un temps travaillé de plus en plus élastique dans une amplitude de plus en plus large.
- on parle de l’allongement de l’espérance de vie et de ses effets sur la qualité de vie, en tout cas dans les pays développés car ailleurs il lui arrive souvent de reculer,
- on dit que tout va plus vite. On est passé d’un temps rythmé par les cycles naturels du jour et de la nuit et des saisons, à un temps calendaire, rythmé et sacré, puis au chronomètre et à l’urgence généralisée. Tout est devenu urgent, on ne gère plus les choses, mais les urgences. L’important est de savoir quoi faire en cas d’urgence, ce qui implique de bien les connaître.
- sur un registre plus léger, le temps s’exprime aussi par le rythme et la cadence dans la musique,
- le temps se fait aussi sentir dans l’usure, le vieillissement, l’irréversibilité de certains phénomènes au niveau individuel, mais aussi au niveau planétaire, où pour la première fois l’homme est capable de créer des processus de masse irréversibles (1 espèce animale disparaît toutes les 20 minutes).
Bref, le temps, on peut en parler comme de l’argent : « perdre son temps », « gagner du temps », « manquer de temps ». Mais on peut aussi se battre pour le libérer, pour se créer du temps libre, c’est-à-dire du temps de loisir, mais pas seulement. Mais sait-on toujours en profiter pleinement, de ce temps libéré ?
Certains de ces points ont été traités lors du souper-causerie, et notamment l’articulation temps de travail – temps de loisir. D’autres pistes ont été ouvertes, notamment sur le temps réellement insupportable et l’impact des nouvelles technologies sur notre appréhension du temps. Mais le point qui m’a semblé particulièrement remarquable, est que c’est le premier souper-causerie où les participants ont précisé avant le début une heure de fin impérative, comme si le sujet avait déteint sur le comportement des participants, comme si on ne s’accorde qu’un temps limité pour parler du temps.
Pour en revenir aux échanges qui se sont déroulés lors de ce souper-causerie, la remarque initiale est que les participants avaient des visions du temps a priori très différentes, en tout cas dans les termes, et qu’elles se sont révélées au fil de la discussion plutôt proches. La gestion du temps des autres est un sujet d’intérêt et nous permet de mieux gérer le nôtre. Certains ont l’impression de ne pas disposer assez de temps pour faire faire à ce qu’ils ont à faire, d’autres reconnaissent que le monde moderne donne plus de temps, ce qui n’empêche pas une mauvaise utilisation et une certaine déception liée à l’utilisation du temps.
Plusieurs expériences différentes ont été vécues par les participants qui a eu un impact sur leur relation au temps :
Un participant s’est trouvé en situation de disposer à la fois de temps et d’argent pendant une période où son salaire était versé sans aucune contrepartie en terme de travail ou de temps de présence. Cette situation ambiguë a été très difficile à vivre, quasi-insupportable : on dispose de temps libre, mais pas de la possibilité de l’utiliser à sa guise car on doit être à tout moment à disposition. Des phénomènes de culpabilité (gagner de l’argent à attendre) ou de dévalorisation (pourquoi être sur la touche) s’ajoutent. Le participant a alors exigé du travail pour mettre fin à cette situation. Une fois passée la stupeur liée au caractère inhabituel de la demande (demander du travail alors qu’on est payé à rien faire), du travail a été proposé qui consistait en 3 heures de cours le samedi matin. La situation ne s’est donc surtout pas améliorée, car aux contraintes précédentes s’ajoutait celle de devoir travailler en complet décalage avec les membres de l’entourage.
Cette première situation fait entrevoir que le temps libre, pour être apprécié, doit être serein, plutôt cohérent avec les codes et habitudes sociales, et sans l’épée de Damoclès constituée par le fait que le temps peut devenir imposé à tout moment.
Dans la deuxième situation, le participant travaille à son compte et exerce deux activités de nature artistique : une activité qui se réalise à la maison : l’illustration qui impose une grande régularité, par le fait notamment de travailler pour des revues, et une activité qui se réalise à l’extérieur selon des horaires irréguliers, de grande amplitude et décalés : la scénographie et la réalisation de décor pour le théatre. Ce qui rend la relation au temps difficile, c’est la nécessité de concilier deux temps de travail différents. Le problème est amplifié dans le cas où les contrats sont insuffisants pour assurer un temps plein.
On dispose alors de temps libre, mais c’est un temps libre « négatif », un temps marqué par une insatisfaction professionnelle. Le participant a vécu cette période comme le fait de disposer d’un temps infini sans avoir la possiblité de l’utiliser de manière efficace et profitable. On a donc l’impression de perdre son temps, on culpabilise. Ce temps qui pourrait être dédié à la création se révèle souvent stérile. C’est un temps vide, fatiguant et déprimant.
Parfois, même sur de courtes périodes, le fait d’organiser seul son temps, lui ôte une certaine valeur et on a l’impression de ne pas pouvoir réellement en profiter, et on le vit comme un temps gâché, inutile.
Une autre situation était vécue en temps réel par une participante. Elle avait accouché il y a trois semaines de jumeaux nés deux mois avant terme, qui de ce fait, étaient maintenus en couveuses à l’hôpital. La participante est revenue chez elle où elle doit terminer la chambre d’enfant, réaliser des biberons de lait maternel et se rendre tous les jours 4 à 5 heures à l’hôpital. Tout son entourage lui conseille de boucler les choses avant l’arrivée des enfants, et surtout de bien se reposer car elle n’en aura bientôt plus le temps, cela sera l’enfer, tu vas en baver (dixit).
Elle doit non seulement faire face à un emploi du temps très chargé, mais aussi au discours moralisateur de son entourage. Il lui faut à la fois tout faire et se reposer ! Et cela se traduit par un sentiment de culpabilité, qui va jusqu’à prendre la forme de ne pas être une bonne mère capable de tout organiser pour accueillir ses enfants, tout en se reposant. Par ailleurs, la naissance des enfants impacte aussi ce qu’il est possible de faire dans le travail. On retrouve toute la difficulté liée à l’articulation des temps sociaux pour une femme à l’arrivée des enfants, accompagné d’un discours social culpabilisant. Le seul soutien semble alors être la couveuse, qui offre un sas, une respiration.
Un participant a pris un an de congé sabbatique pour le passer à écrire, alors qu’il avait déjà publié deux livres tout en travaillant. Cette année, pourtant attendue, s’est révélée l’année la plus improductive qu’il ait vécu, où il n’a quasiment pas écrit. Elle apparaît comme une année perdue, une collection de journées, plutôt semblables et plutôt agréables, mais qui ne se sont pas traduites par un écrit.
Un participant a témoigné de la difficulté à organiser son temps de loisir par rapport au travail car, n’ayant pas de contraintes familiales, elle ne voit pas quel argument utiliser pour refuser des engagements professionnels qu’on lui demande. Ainsi, elle accepte différents engagements qui se combinent mal avec ses autres activtés. Elle s’autocensure dans l’utilisation de son temps en intégrant les arguments sociaux comme quoi les personnes ayant des enfants ont plus de droits que les autres, notamment celui de refuser des contraintes profesionnelles.. Elle n’arrive pas à opposer ses propres choix aux demandes du milieu professionnel. Elle n’arrive pas à imposer son temps privé en opposition au temps professionnel.
Dans les échanges, on constate des relations entre la fatigue et notre appréciation du temps. On se plaint de manquer de temps quand on se sent trop fatigué pour profiter de son temps libre. On l’utilise pour se reposer, ce qui n’est pas considéré comme un temps utile. Dans les analyses du temps, il est à noter que le temps physiologique est souvent considéré à part, ou plutôt déconsidéré. Parfois, c’est le temps de sommeil qui est sacrifié le premier dans une gestion du temps, et cela se traduit alors par de la fatigue. Une autre erreur est d’associer automatiquement la fatigue au travail, ce qui n’est pas ressenti par tout le monde. Pour certains, c’est en travaillant qu’on recharge ses batteries et l’activité professionnelle permet de maintenir un certain rythme qui pourra se traduire par une aussi grande intensité durant les temps de loisirs. Le tout n’est pas de disposer de temps libre, mais de disposer du temps libre, de l’énergie et de l’organisation nécessaire pour l’occuper, et c’est ce qu’on peut trouver dans le cadre du travail. Dans ce cas, la gestion du temps revient à saturer son agenda pour garder un rythme d’activité nécessaire à une bonne occupation du temps « libre ».
La définition de ne rien faire paraît différente selon les participants : pour certains, on est toujours en train de faire quelque chose, ne rien faire signifie être mort ; pour d’autres on ne fait rien quand on écoute de la musique. Ce qui transparaît, c’est que disposer d’un temps libre considéré comme satisfaisant, que cela s’appelle ne rien faire ou non, revient à disposer d’un lapse de temps pendant lequel on n’est pas obligé de faire une chose précise, on est libre d’occuper son temps comme on l’entend pour une promenade, pour écouter la musique, pour s’occuper de soi-même.
La libre organisation du temps pendant ce temps libre est une notion très importante, l’important est de ne pas être dépendant des autres.
Il y a ainsi deux notions différentes : le temps perdu et le temps libre. Le temps libre est celui qui est borné et gagné par rapport au temps contraint. Le temps perdu est le temps qui est considéré n’avoir servi à rien, qui a été occupé par des activités qui n’ont pas été choisies et structurées. Le temps vide est le temps qui n’est pas organisé.
Ensuite, nous avons abordé les situations où le temps peut être considéré comme insupportable.
Certains métiers sont contraints par des horaires de présence ; d’autres, de nature plus intellectuelle, sont détachés des horaires. Cette différence impacte notre manière de considérer le temps. Le travail contraint par les horaires peut sembler plus contraignant. A l’inverse, leur caractère borné dans le temps permet au contraire une grande liberté pour s’organiser dans le temps qui reste. Dans le cas d’un travail de réflexion, il est impossible de définir à quel moment on s’arrête, et il arrive de se réveiller la nuit, parce qu’on travaillait … en croyant dormir.
Ce qui semble vraiment difficile à supporter concerne les temps atypiques, où il y a par exemple de nombreuses coupures qui s’intercalent dans le temps de travail. Ces temps existent au nom de la flexibilité, mais aussi pour toutes les activités liées à la personne où il y a des rythmes naturels à respecter : le sommeil, les repas, la toilette, etc.
Une autre pensée insupportable est de savoir qu’un autre peut disposer de son propre temps, on est à la merci de l’autre, on peut être appelé à tout moment et on devra arrêter ce qu’on fait. C’est là que se trouve le vrai sentiment du temps imposé.
C’est un fait que malgré l’impression de beaucoup de gens de manquer de temps, le temps de travail s’est beaucoup réduit dans l’histoire, mais particulièrement ces dernières années. Mais les gains ont été en quelque sorte annihilé par le fait que tout est considéré comme une urgence, donc tout le monde se trouve contraint par le temps. C’est un procédé qui vise à faire pression sur les gens, car cela les oblige à se reconnaître en situation d’urgence. Or il est relativement facile ensuite d’insinuer que la situation d’urgence est la conséquence d’une incompétence.
La société moderne se traduit par la définition d’un cadre temporel rigide : c’est un temps à intervalle fixe, séquencé, chronométré dans lequel on exige une forte flexibilité. Avant, le temps était rythmé naturellement, selon des intervalles variables : journées plus longues en été, qui correspondaient à des périodes de travail importantes. De plus, la quantité de travail importait plus que le temps de travail, qui n’était donc pas la contrainte principale, ce qu’il est devenu dans les sociétés modernes. Aujourd’hui, le temps de travail prend le pas sur la quantité, mais aussi sur la qualité : un musicien peut alors décider d’arrêter la répétition au milieu d’un morceau, parce que le temps qu’il devait s’est écoulé.
La relation entre le temps passé et ce qui est produit pendant ce temps-là est importante. J’ai moi-même été élevé selon le principe qu’il ne faut pas rester les bras ballant, et c’est important de souligner que l’activité, même productrice, n’est pas obligatoirement un travail. Le fait de passer du temps pour une activité qui nous plait, est un moyen de gagner du temps et de ne pas en perdre. Quand on aime cuisiner, le temps passé à cuisiner est considéré comme un temps de loisir alors qu’il peut être considéré par d’autres comme du temps inutile.
Quand on m’incitait à ne pas rester les bras ballants, on ne me forçait pas à faire quelque chose de précis, on ne me demandait même pas de produire quelque chose. On me demandait simplement de déterminer mon temps, de définir mon désir, d’identifier à quoi passer son temps libre. Le temps libre est le temps passé à quelque chose qui nous intéresse, mais c’est aussi un temps qui n’est pas exempt de discipline, d’organisation préalable. Le temps libre, on prend le risque de le perdre, si on ne l’organise pas.
Cette injonction de ne pas rester les bras ballants était une forme d’éducation, c’était une manière de m’apprendre quoi faire de mon temps libre, pour m’inciter à en vouloir, donc pour m’apprendre à m’organiser pour en avoir, et à l’occuper à des tâches qui m’intéressent.
A l’inverse, certaines personnes donnent l’impression de chercher à gagner du temps pour s’ennuyer après : vitesse au volant pour arriver 5 minutes plus tôt, départ rapide du travail pour faire le ménage d’un intérieur déjà propre. Des personnes, surtout des femmes, semblent occupés à gagner du temps qui sera dédié à l’ennui. Or gagner du temps semble intéressant si on le passe à autre chose, justement.
Notre société a gagné du temps et parfois cela ne sert à rien. On a fait beaucoup pour augmenter la vitesse des moyens de transport, mais le temps moyen consacré au transport n’a pas évolué depuis 20 ans. On sait seulement que l’attente rend agressif et on l’organise, en la masquant, comme dans le cas de la sortie bagage aux aéroports placée loin de la sortie de l’avion pour limiter le temps d’attente devant le tapis roulant désespérément vide. Par exemple, un retard d’une heure pendant un vol est mieux vécu que 10 minutes d’attente pour la libération de la passerelle du même avion. En fait, le pire du temps imposé, c’est l’attente.
Le temps le plus insupportable est le temps de l’entre-deux : le temps des aéroports, des gares. A l’inverse, ce temps d’attente, c’est aussi le temps qu’on peut chercher à occuper, à lire notamment. C’est la raison d’être de nombreux livres et de revues promenés dans les sacs à main, ils servent à annihiler le temps d’attente pour le transformer en temps de loisir ou en temps utile..
La société moderne nous accorde à la fois plus de temps, et plus de choses à faire : travail, enfant, voyage. Alors on est toujours à la recherche de temps, pour faire autre chose, et on ne supporte plus d’attendre. On n’accepte plus le délai, et c’est en ne supportant plus le délai qu’on crée l’urgence. On ne supporte plus que les choses prennent du temps, alors qu’autrefois c’était le temps passé qui donnait la valeur des choses. Le loisir revient en fait à se donner le temps de faire des choses, mais ce qui est valorisé aujourd’hui dans les productions du loisir, n’est plus le temps passé mais le « c’est moi qui l’ai fait ! ». Tout se passe comme si on valorisait le temps économisé, mais pas le temps passé, alors que c’est la qualité du temps passé qui nous le rend agréable.
Le téléphone portable a créé une autre conception du temps. Il a amplifié le rejet du délai. L’utilisation du portable a conduit un participant à considérer tout petit retard comme nécessitant un appel à son rendez-vous car l’exactitude est devenue un impératif. Avant le téléphone portable, par impossibilité de prévenir, il se sentait moins tenu à l’exactitude.
Une des caractéristiques du temps moderne est qu’il ne connaît plus la distinction entre le temps sacré et le temps profane. Il n’y a plus que du temps profane, du temps utile. Or le temps sacré, c’était aussi voire surtout du temps prélevé sur l’activité générale, quotidienne, et qui servait en partie à faire ce qu’on voulait (le dimanche). Cela créait une scansion dans le temps et permettait de se reposer. Il n’existe plus de valeurs différentes du temps, ce n’est plus que du temps homogène, profane, chronométré. Comme il a déjà été dit, même le temps qu’on peut qualifier de naturel, le temps physiologique, n’est plus respecté. Il est considéré au même titre que les autres, aussi susceptibles que les autres d’être diminué afin de l’occuper à autre chose. On ne veut plus prendre le temps pour des obligations qui nous rappellent notre condition de mortels. Nous voulons être toujours prêts, utiles, disponibles, comme les outils qui entourent.
Aujourd’hui, le niveau d’exigence est immense : ce qui est normal, c’est ce qui est immédiat, c’est ce qui s’obtient sans délai. Nous nous sentons sommer sommer de tout faire immédiatement.
C’est amplifié par le fait qu’on est connecté en permanence à un instrument, un réseau. Notre temps ne nous appartient plus et nous acceptons cette situation en acceptant de nous doter d’extension de connexion. Nous nous sentons déstabilisé quand nous ne recevons pas une réponse immédiate à certains courriers électroniques, ce qui n’arrivait pas dans le cas des lettres, où on attendait au moins une semaine la réponse. Le fait d’être connecté transforme les lettres en injonction à réponse immédiate. Les nouveaux supports de la technoscience, en mettant en commun, sous un référentiel unique, le temps de chacun par la connexion immédiate, renforce le principe de l’inacceptation des délais.
On dispose en fait de plus de temps, mais à travers la connexion, on le met en commun avec le monde entier et on permet à tous de gérer notre temps. On gère non pas notre temps, mais un temps collectif, homogène, entièrement profane, où le temps physiologique ou simplement personnel est dévalorisé. Nous nous imposons une disponibilité de 24 heures sur 24, sans savoir toujours quoi faire du temps que nous libérons.
La contrainte horaire définie au début du souper-causerie nous a conduit à l’interrompre sur ce constat. J’ai envie de clore cet article sur cette réflexion : le temps libre, c’est le temps pendant lequel on arrive à se libérer de l’urgence, pendant lequel on échappe à notre propre conception du temps. Le temps, c’est peut-être seulement la vie qui s’écoule. S’en plaindre revient peut-être à oublier de vivre dans le présent, qui est le seul temps dont on dispose réellement.
Pour continuer la réflexion, je vous communique l’adresse d’un site met en ligne de nombreux articles sur différentes problématiques liées au temps, considéré dans différentes disciplines (sociologie, psychologie, droit, littérature, etc.). Il est accessible à partir des deux adresses suivantes (le premier semble plus complet mais l’accès par auteur n’est pas opérationnel) : http://temporalistes.socioroom.org/index.php ou http://www.sociologics.org/temporalistes/index.php et présente des articles très intéressants.
Entry Filed under: Temps. .
Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed